EN ROUTE VERS LE STYLE NAPPY

Ou la galère des cheveux afro.

En ce moment, je ne supporte plus de m’occuper de mes cheveux!!!

A l’origine, mes cheveux sont  crépus. Mais à force de défrisages ils sont désormais lisses et surtout un peu fins. Ils m’arrivent au-dessus de l’épaule et n’ont jamais voulu pousser plus. Je songe sérieusement à m’en séparer….

Ah ah ah .

Je dis ça comme si je parlais de jeter une paire de chaussures dont la semelle était trouée. Alors que NON! Se couper les cheveux pour moi, c’est comme demander à Mickey d’abandonner Pluto ! C’est comme demander à un Parisien d’arrêter de se plaindre… C’est comme supprimer les semelles rouges des Louboutin! A-ka, NOT POSSIBLE !

Et puis surtout, quand je dis « m’en séparer », je pense vraiment radical. COURTS. Très, très courts.

Comme cela par exemple :

Natural_Nappy2

 

A la mode « NAPPY« , « NATURAL and HAPPY » !

Les nappies ce sont ces femmes blacks qui décident d’arrêter de dénaturer leurs cheveux, souvent après des années de tissages et surtout de défrisages chimiques. C’est une étape un peu particulière dans une vie car la plupart du temps cela veut dire renoncer à ces cheveux qu’on a laissés pousser des années tant bien que mal et sacrifier le tout pour ne garder que ses racines non-defrisées.

Une sacrée étape.

Demandez à Solange Knowles

Solange Knowles Nappy court

Un rituel pour la nappy en  devenir.

Quand j’étais petite, je faisais beaucoup de tresses, soit des rastas ( pour les néophytes qui passent par là, ce sont des tresses avec des rajouts. Personne n’aura oublié Corona et son « The Rythm of The Night » qui m’aura traumatisée dans la cour de récré pendant quelques temps) ou des tresses collées ou « africaines » comme on dit ici.

Et puis au collège j’ai commencé à les défriser, et ensuite j’ai alterné défrisages & tresses .

Ça a duré un temps. Car il est vrai que quand ta mère est là (et tes frangins désignés volontaires) pour t’aider à retirer tes mèches tous les mois, ça va. Mais quand, après avoir quitté la maison, tu passes la nuit à « défaire » et démêler tout ça toute seule, pour enchaîner le lendemain et passer entre 6h et 8h assise pour re-natter (ce qui en soit est idiot car il vaut mieux laisser respirer un peu les cheveux, mais tu vas faire quoi? Aller en cours avec tes cheveux coiffés comme Coolio? #PasCredible)… Tu en as marre.

Du coup, j’ai enchaîné régulièrement les défrisages, qui correspondaient par ailleurs mieux au milieu professionnel dans lequel j’évoluais. Du moins c’est ce que je me suis dit.

Il faut dire que premièrement, je déteste l’effet faux-cheveux. Quand je croise des filles avec des tissages tous pourris dans le métro, ça m’énerve. Les cheveux en carton en plastique, ça me donne envie de les attraper, les secouer et de dire à leur propriétaire : « MAIS va te faire COUPER tes mèches PONY!!! », comme le disait très justement le Sage Oxmo Puccino.

Et deuxièmement, j’ai été conditionnée, je crois, à être une bonne petite Africaine intégrée à tous les niveaux, y compris capillairement parlant.

Je me souviens qu’à l’époque où je passais les oraux des Grandes Écoles, ma prof principale m’avait recommandé d’éviter les  tresses et d’arborer plutôt un joli chignon pour les entretiens. Idem pour une conseillère d’Éducation… Est-ce qu’elles avaient raison? Je ne sais pas… En tous cas j’ai intégré l’École que je voulais. Je ne saurai jamais si ma coupe de cheveux a  joué ou non.

Et au début de ma vie professionnelle, je me suis toujours dit que j’étais déjà Black, et que ce n’était la peine d’en rajouter. Plus j’ai pris des responsabilités, plus je me suis calmée sur mes coupes, pourtant jamais vraiment extravagantes. N’empêche, quand je pense à certaines clientes fréquentant les salons de coiffure de Château d’Eau  et à leurs tissages rouges, jaunes canari, parfois violets!!! Dans mon bureau, ça aurait jasé. Et encore, je travaillais dans une entreprise cool. Pas dans l’industrie ou en finances…

Bref…

Je me souviens d’un livre que j’avais lu il y a quelques années où une des filles, d’origine antillaise s’apprêtait à sauter le pas et se raser complètement la tête. L’auteur(probablement Alain Mabanckou) avait très bien raconté ce moment qu’on peut imaginer plein d’appréhension et d’excitation mêlées. Est-ce que je vais aimer ma nouvelle tête?

Est-ce que je ne vais pas ressembler à un garçon?

Et puis il y a quand même LE culte du cheveu long, souvent perçu comme un gage de féminité/ symbole de féminité… Quelle fille Noire n’a pas été en extase devant la chevelure lisse d’une Tyra Banks par exemple?

 Mais là où je suis rassurée, c’est que le nappy garçon manqué ne dure qu’un temps. Le temps que les cheveux repoussent. Et il y a des icônes nappy ultra féminines. Je pense que l’une des plus emblématiques, c’est elle.

Lauryn-Hill_locks

Lauryn Hill, qui était vraiment sublime et a marqué les années 2000 avec son style aux antipodes des starlettes du RnB ou du hip-hop du moment.

Et puis il y a elle aussi : Erykah Badu.

Erykah Badu300x300-2

Et du coup, je me dis, qu’il y a beaucoup de possibilités. Il faudra juste être patiente, le temps que mes cheveux reprennent du poil de la bête. Je pourrai aller rechercher des styles différents.

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janelle monae nappy

 

Pour l’instant, je suis proche de mon dernier défrisage pour envisager quoi que ce soit.  Pas vraiment envie d’un look boule à zéro. Alors patience, patience…

On en reparlera !

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